ENSCI - Les Ateliers

Vertikaleaty par Guillaume Lectez

L'exposition "One way or another"

Vestigium, par A.Pumar Silveira

Vertikaleaty, par Guillaume Lectez

Osmos C, par Valérie Giovanni

Alga, par Samuel Tomatis

De l'utilisation des outils et techniques actuelles dans le processus de création

Si l'ensemble des disciplines de la création est largement impacté par les transformations industrielles contemporaines, l'ENSCI en constitue un fabuleux terrain de jeux. Entretien avec Armand Behar, responsable des enseignements du mastère spécialisé Création et Technologie Contemporaine (CTC) dont les diplômes sont exposés en ce moment à l'ENSCI.

Que viennent chercher les créateurs qui postulent au mastère spécialisé CTC de l’ENSCI ? Quelque chose qui manque dans leur processus de création ?

Chacune de ces disciplines (design, art, architecture, graphisme, stylisme) se pose la question de l’intégration des nouveaux matériaux et des nouvelles technologies que sont les nano et autres biotechno… aussi bien dans le processus que dans le projet lui-même. C'est la raison pour laquelle les créateurs viennent chercher dans ce mastère une manière de faire projet, en intégrant ces technologies et en l’occurrence les techniques numériques. Ils viennent utiliser les outils actuels pour représenter le projet et les techniques pour communiquer et concevoir le projet, sachant que ces techniques sont visuelles mais aussi matérielles, grâce aux imprimantes 3D. Il y a une nouvelle façon de fabriquer des maquettes avec l’impression 3D mais aussi avec Arduino, et ainsi réaliser des maquettes interactives.

Donc il y a, du fait du numérique, une nouvelle manière d’aborder la question du projet et de renouveler sa façon de faire projet. C'est un point très important de ce mastère. Par ailleurs, il y a aussi le fait que les formes produites sont elles mêmes fabriquées en utilisant les outils actuels venant de l’industrie.
Le public de ce mastère spécialisé est composé de 40% d’architectes, 40% de designers et 20% d’artistes. La culture du projet est commune à ces 3 profils, notamment parce que le numérique a traversé toutes ces disciplines et nous a amener à utiliser les mêmes outils de représentation.

Si la culture du projet leur est commune, la manière de faire projet est-elle partagée par ces trois disciplines ?

Je ne sais pas si elle est commune à ces 3 disciplines, par contre je sais que ceux qui viennent au mastère viennent chercher cela. Le design est à l’origine de cette façon d’appréhender le projet. Notamment, à l’ENSCI, on a une manière particulière de croiser les outils et les langages pour penser la forme, pour l’imaginer et la concevoir. Et le numérique a une part importante dans cette façon de concevoir. On va travailler un volume dans l'atelier bois, le photographier,  le traiter dans Photoshop, puis dans Final cut. On imagine ensuite le volume sous un autre angle, on va voir du côté de l’imprimante 3D, puis d'Arduino etc. Ainsi, la définition du projet se fait au fur et à mesure que l'on joue avec les différents médias. C’est un mode de conception aujourd’hui commun à plusieurs disciplines mais que le design a su mettre en place en premier.
Pour pouvoir travailler la forme, on va passer d’un langage à l’autre, d’un media à l’autre… Par exemple, lorsque l’on passe par un logiciel de cinéma, on va écrire un scénario d’usage en empruntant le langage du cinéma. Cela, à la fois pour communiquer mais aussi pour concevoir.
C’est la configuration même des ateliers à l’ENSCI qui amène à cela, c’est pareil pour les élèves en formation initiale en création industrielle. C’est cela qui se joue ici.

Lorsque l’on bascule d’une image à l’écran, à sa fabrication grâce à une imprimante 3D, il y a un décalage très important dans la structure de la forme. Les architectes ne retrouvent pas cela dans leurs écoles où l'on reste beaucoup sur la maquette blanche. Cela pose problème car, en architecture, l’impression 3D fabrique une masse dans laquelle on ne voit pas les aspects structurels. Certains architectes qui viennent ici travaillent justement sur cette question.

Y a-t-il eu une évolution dans ce mastère spécialisé et dans le type de projets travaillés ces dernières années ?

L’objectif n’est pas de produire un objet mais de définir une nouvelle manière de fabriquer, de faire. On a vraiment axé le mastère, depuis ces dernières années, sur ces questions-là. Cela génère bien sûr de la forme et c’est cela qui est exposé aujourd’hui.

Depuis deux ans, pour le mémoire du diplôme, on demande à chaque élève de théoriser sur sa manière de faire. Cela tourne beaucoup autour des nouvelles pratiques. L’éco-conception pose les mêmes questions d’ailleurs. Le projet de Samuel Tomatis, que l’on retrouve dans l’exposition, exprime la manière de transformer des algues en matériaux. Il a travaillé avec un biochimiste pour que le matériau algue devienne mécanique. Pour cela, il a défini tout un processus et son mémoire porte sur la manière dont s’effectue ce processus. En terme de projet, il a acquis quelque chose qu’il n’avait pas avant d’arriver ici. La majorité des travaux présentés en ce moment intègre le numérique au niveau des projets eux-mêmes, de l’objet. Et cela donne une vraie unité à l'ensemble.

  

Exposition des diplômes du mastère spécialisé CTC jusqu'au 10 décembre "One way or another"
Et à revoir lors des P.O.2017 les 27 et 28 janvier et de Diplorama. 

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