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Quelles perspectives pour le journal personnel ?

Il est difficile de parler de manière générale, globale du journal dit « intime » dans la langue française, tellement ses représentations et les raisons pour lesquels ils sont réalisés sont personnelles et donc diverses. Un journal est à l’image de la personne qui le tient. Retranscrire, retracer une vie, une période de celle-ci, un voyage… (contenus variés) à travers un journal est un exercice qui n’obéit à aucune règle du jeu pré-définie, mais à celle que l’on souhaite se donner. Tenir un journal est donc un exercice libre, qui prend des formes multiples. (et je trouve d’ailleurs dommage qu’il existe des logiciels, des modèles de journal qui normalisent cette activité-tout comme l’écriture numérique uniformise la manuscrite- effacent toute expression originale(?), limitent le champs des possibles). J’ai donc décider de sélectionner à travers les ouvrages que j’ai pu lire, mes recherches, des aspects qui m’ont particulièrement interessés, en lien avec le sujet « mémoire ». J’ai mis de côté tout ce qu’il peut y avoir de psychologique, d’affect dans le journal même si la question de l’identité reste importante. Ces points que j’ai reperés sont des pistes, peuvent constituer un début de cahier des charges. Il est tout de même possible de retenir la définition de P.Lejeune à laquelle obéissent tous les journaux : « série de traces datées » (« Un journal à soi », Ed.Textuel, 2002).

Voici la mienne, autrement exprimée : « le journal est un espage vierge (support, page, boîte…) que l’on investit à sa manière, où l’on dépose écritures, objets, images, vidéos,… fragments, vestiges du quotidien ».

Je souhaite considérer le journal comme :

- expression brute du quotidien

- une suite d’évènements ordinaires, d’accidents, de rencontres inattendues et sur lequel on ne peut pas revenir en arrière, la retouche n’est pas possible.

- une machine à explorer le temps particulière

- journal qui s’autogénère, se construit de manière synchrone et parallèlement à notre vie; se nourrit, s’enrichit de notre présent pour écrire notre passé/patrimoine; se manifeste, de manière aléatoire, calculée ?, pour nous évoquer le passé (exple d’Azaïs qui tient 365 cahiers, un pour chaque jour de l’année, quand il écrit à la date du jour, relit l’entrée de l’année d’avant).

- un objet, un « corps »/corpus singulier (dans les 2 sens du terme) construit autour d’éléments pluriels.

- « corps » parce que le journal peut-être perçu comme: un personnage (« Chère Kitty » écrit Anne Franck dans son journal), un double je (tvail de Sophie Calle) son reflet dans un miroir, une ombre UNE AUTRE REPRESENTATION DE SOI, vivante ?, qui nous est éternelle, nous survivra:

-un trésor, un secret, dont on connaît la présence mais dont on ignore la localisation, à découvrir pour les générations futures ou à (re)découvrir chaque jour.