mémoire : G.O.L.E.M. créatures artificielles
directeur : Jean-Baptiste TOUCHARD
“ Une création artificielle reproduisant de façon autonome les fonctions les plus essentielles du cerveau et du système nerveux est, non seulement possible, mais elle est souhaitable”.
Tels sont les propos de John Von Neumann lors d’une réunion organisée les 6 et 7 janvier 1945 lorsqu’il dresse les plans du premier ordinateur de l’histoire.
Cette idée se situe dans le prolongement d’une longue tradition, présente sous différentes formes dans la plupart des grandes cultures qui se sont succédées depuis l’antiquité : la tradition des créatures artificielles façonnées par l’homme.
Loin de n’être qu’un thème historique qui se serait petit à petit prolongé dans la créativité technique, il s’apparente au contraire à une interrogation permanente, composante du rapport de l’homme à lui-même, à la nature et à l’artificiel.
L’homme cherche constamment à se comprendre et sa démarche de vouloir reproduire artificiellement son double correspond, de manière finalement assez légitime, à ce désir de vouloir à la fois réaliser un vieux rêve de l’humanité ainsi qu’au souci scientifique de se comprendre.
Paradoxalement, l’un des plus anciens thèmes culturels de l’humanité se retrouve dans ses créations les plus récentes, au travers de l’ordinateur mais aussi des robots modernes de plus en plus troublants tant ils semblent se rapprocher de leur modèle, et il peut être perçu comme l’un des fondements de l’imaginaire des nouvelles techniques à l’heure où ces dernières, avec l’émergence des biotechnologies d’une part, et les récents progrès réalisés dans le domaine du Génie génétique d’autre part, remettent en question la position de l’homme et nous font nous poser à nouveau cette question - Qu’est-ce que l’homme ?