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Espace-objet-interface

Comment et où engager de nouvelles stratégies spécifiques qui puissent favoriser la réapropriation d’espaces-temps partiels de la cité par ses acteurs ?

Partenaire du projet : Ville de Paris / Délégation à la Politique de la Ville.


Ce projet porte une réflexion sur le sens de l’espace public comme espace du partage et lieu de représentation de l‘expression collective dans la ville. Plus précisément il propose un travail sur les nouveaux services qui peuvent questionner de manière critique certaines de ses conditions d‘existence, de ses statuts, à travers certaines de ses typologies, afin de chercher à quels nouveaux vecteurs peuvent être placés en lui, pour porter d’autres sens, de nouvelles qualités aptes à y développer de nouvelles pratiques, d’autres modes d’utilisations.

La Mairie de Paris possède un ancien relais de poste de 4000 m2 dans le 20° arrondissement, nommé La Forge, qu’elle souhaite transformer en plate-forme de création et de diffusion contemporaines. Celle-ci est destinée à accueillir un laboratoire pour de jeunes plasticiens, designers, musiciens, …, qui travailleront ensemble de manière transversale, sur des problématiques urbaines. Elle a pour vocation de diffuser à un public large les œuvres produites par les créateurs qui engageront des travaux de réflexions critiques sur la cité. Maître d’ouvrage de l’opération, elle a aussi pour ambition d’impliquer les habitants du quartier dans ce projet, en mettant en place, pendant la durée du chantier, un micro-dispositif de diffusion des œuvres artistiques, sous la forme de productions numériques, afin d’ouvrir le débat sur la culture urbaine à travers l’art contemporain, et plus précisément l’art public, à la manière d’un « chantier ouvert au public ».



Le projet
Il a pour objet la création d’un micro-centre d‘art itinérant, un espace/objet/interface minimum permettant d’accueillir et de diffuser les œuvres d’artistes à travers la vidéo, le multimédia, la musique, … . Il s’agit de concevoir un dispositif à usages multiples, à dimensions variables, approppriable à la fois par un public averti, et par un public de voisinage. Pendant toute la durée du chantier celui-ci sera implanté sur un terrain jouxtant le bâtiment en travaux. Au delà du temps du chantier, il est destiné à voyager, et à être implanté dans les lieux les plus divers, au travers desquels il pourra trouver de nouveaux sens. Le choix de ces lieux, permettra d’accompagner le projet en l’articulant dans des réalités différentes, qui chacune par sa nature, sa spécificité et ses conditions, le réinterprètera en une interface chaque fois différente.
L’ambition de ce projet est de proposer un « moment partagé », unespace public favorisant le lien social, qui propose de nouvellesmodalités d‘échanges et de participations entre les habitants d’unquartier, un public, et les artistes, par le vecteur des œuvres d‘artqui y seront produites.

 

Plusieurs contextes, des stratégies
La ville a toujours associé à chaque forme d’espace public urbain des usages spécifiques collectifs. Squares, marchés, rues, parcs, places, …, correspondaient jusqu’à peu à des pratiques précises et reconnues par tous. Aujourd’hui les nouveaux lieux de l’échange se déplacent progressivement sur le réseau et deviennent (en théorie) accessibles par le plus grand nombre. La complexité actuelle de chaque forme rend inopérante une lecture globale. La dimension originelle de l’espace public comme accueil des expressions, des mouvements et des confrontations sociales des hommes, est bien souvent tombée en désuétude, et a abandonné nombre de ses typologies spécifiques autrefois qualifiées, à des statuts de « non-lieux » muséographiés, seulement considérés comme simples lieux de transit.

Si beaucoup d’espaces publics urbains ne sont plus que des « passages » transitoires entre les éléments fondateurs (mairie, marché, place, ..) de la cité et la sphère privée de l’individu, cette transition ne s‘opère plus uniquement en termes de seul rapport spatial linéaire : extérieur/intérieur (rue/maison par exemple), mais à travers de nouvelles complexités spatiales, sociales, temporelles, …, fragmentées, imbriquées, …, qui génèrent des « états flous » sporadiques, sans identité définie, …, représentant de nouveaux territoires à questionner à l’intérieur desquels nous pouvons rechercher de nouvelles dynamiques.

Car avec les technologies miniatures de la communication l’individu transporte avec lui les outils qui lui permettent d’avoir accès à tout moment à un nombre sans cesse croissant des services qu’offre la cité, dans les moments intimes de son univers personnel (maison, travail). Dans un sens opposé la transportabilité de ces outils devenus très légers, virtuels, et souvent très performants offrent à chacun la possibilité de transporter son univers le plus intime au sein de l’espace public et d’y construire à tout moment, de manière temporaire, son expérience individuelle au cœur même de la cité. Les frontières entre domaines publics et privés se diluent, et en mouvement oscillant continu, génèrent des paysages fluctuants, instables, furtifs mais aussi fragiles. C‘est dans ces nouveaux « états » incertains, miroirs de notre société, que de nouvelles stratégies restent à imaginer, par la création de nouveaux services, d’autres interfaces, capables de devenir des vecteurs dynamiques aptes à favoriser de nouvelles formes de liens.

 

En images

En pratique