Bâtir sa maison "Bêta".
Entre bases de fortification et construction, il existe une différence effective particulièrement quand on construit sa maison en "bêta" sur internet.
Le web 2.0 diffuse une nouvelle donne qui est celle de l'utilisateur producteur. En tant que tel il s'imagine alors occuper et gérer un espace dans un site qui est construit avec ses propres briques. La dénomination "Bêta", deuxième lettre de l'alphabet grec dont l'origine Bet signifie maison, est alors appropriée. Les sites le spécifient, bêta apparaît en dessous du nom du site, dès lors il est identifiable comme lieu propriété de l'utilisateur. L'association est évidente si "Bêta" signifie "la maison" alors elle est celle de l'utilisateur à l'image de celle ou il vit dans la réalité. Cette nouvelle forme de propriété numérique apparaît comme étant le signe d'une implosion du système vers une unilatéralisation. Chaque utilisateur est détenteur d'un espace.
Raisonner en terme de propriété semble évident, mieux, l'appropriation du terme bêta comme lieu de propriété personnelle découle de la relation sémantique qu'il existe entre bêta comme "maison" et ce que l'on fait sur ce site, c'est à dire la construction par un utilisateur producteur. Ces sites mouvants, se construisent et se déconstruisent à volonté, les "maisons numériques" se bâtissent et sont parfois (même souvent), aidée par d'autres utilisateurs. A l'instar d'un site du web1.0 ou tout est figé, ou l'utilisateur consomme des informations mais n'en produit pas.
Sauf que, cette association bêta/maison/utilisateur producteur n'est pas la réelle définition que l'on peut en faire du moment ou internet est construit sur des fortifications en bêta, l'origine du web1.0 est le bêta, c'est une grande maison dès le départ. De fait le web 2.0 ne fait qu'utiliser un terme qui à fait les remparts d'internet, qui existe déjà.
Finalement le fait de nommer un site en bêta laisse rêveur car il est associé à une forme de liberté numérique, mais finalement cette dénomination n'est qu'un avatar dès lors qu'il est la pièce fondatrice de tout internet.
Finalement c'est bel et bien une personne qui développe une plate-forme de base sur laquelle viennent emménager des utilisateurs convaincus de leur autonomie dans le net.
Finalement on génère des briques d'informations qui s'assemblent dans un bâtiment pré-construit.
Finalement est-on autant producteur qu'on nous le laisse voir ?
Finalement on nous donne la possiblité de bouger dans un espace prédéfini, une zone test ou il faut construire.
Tout ceci n'est qu'hypothèse, mais bon, la candeur à quand même du bon (expérience personelle)...
Laure Garreau
Par Laure Garreau
Ce message a été posté le Jeudi 23 novembre 2006 à 05:37 dans la catégorie Vie de l'atelier. Vous pouvez laisser une réponse, ou faire un trackback de votre propre site.
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