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Extrait vivant (part I)

Manipuler le vivant est une question récurrente de notre société industrialisée.
Elle est indissociable de la question morale voire éthique qui resurgit aujourd'hui avec le développement des biotechnologies.
Pour les européens, le rapport du vivant à l'industrie véhicule une peur liée aux heures sombres de notre histoire : les laboratoires du nazisme. Le corps humain devient matériau.

Le vivant peut-il être considéré comme un matériau ?
La pensée matérialiste tant sur un plan philosophique que scientifique nous éloigne de le pensée magique pré-moderne en désacralisant le corps. Elle nous permet de prendre de la distance avec la matière. De la dissocier de sa charge symbolique comme l'instruit Michel Foucault dans " Les mots et les choses ".

Cette distance est la clé des avancées scientifiques notamment d'un point de vue médical. L'approche de la matière en art a été bouleversée par le sculpteur français Brancusi : « Ce n'est pas la forme extérieure qui est réelle, mais l'essence des choses. Partant de cette vérité, il est impossible à quiconque d'exprimer quelque chose de réel en imitant la surface des choses », Avec l'art moderne et l'arrivée d'artistes comme Rodchenko, Duchamps, puis après guerre  : Klein, Pennone, André ou Beuys l'expérimentation de nouvelles matières est devenue fondamentale, voire incontournable.

Peut-on créer de la représentation avec du vivant ? À partir de cette interrogation les élèves du studio arts plastiques devront générer d'autres questions et produire des travaux qui interpellent d'une manière contemporaine le rapport au vivant.