Poésie autonome
De la logique implacable de la mécanique peut naître la dimension poétique? la poésie autonome c'est l'acte d'écriture à l'heure de sa reproductibilité technique, ou quand une simple astuce peut faire l'objet d'une infinité de déclinaison ... On part d'une phrase, d'un « pré-texte» livré en pâture à la machine, et qui va à force de traductions littérales, dériver dans les méandres de la sémantique. Un « pré-texte» rentre et un texte ressort, déformé par ce téléphone arabe polyglotte.
La poésie autonome se joue de la technologie car elle s'appuie sur son caractère faillible; Et cette incapacité qu'a la machine à tenir compte des subtilités du langage constitue une source intarissable de sens, de non-sens et de contresens.
Bourdieu disait: « l'art contemporain n'a pas d'autre objet que l'art lui-même. » ; et considérant la nature des « pré-textes», la poésie autonome ne fait pas exception. Elle ne parle que d'elle même, seul l'intéresse de comprendre ses propres tenants et aboutissants. Toutefois, cette nature égocentrique ne lui interdit pas l'autodérision. Et n'en déplaise à Tahar Ben Jelloun, qui pense que « la poésie ne peut se permettre l'humour », elle aime inspirer à l' « audio-lecteur» un léger rictus.
On a tous à l'esprit l'image romantique d'un poète esseulé, échevelé, esclave de ses puIsions et portant ses vers dans son ventre comme autant de spasmes convulsifs. Mais notre poésie est iconoclaste, car quand l'autonomie rentre dans la danse, que reste t'il de ce fantasme séculaire? Qui peut dès lors se targuer du rang de poète? L'individu, à l'origine d'un concept? Ou l'ordinateur, simple reproducteur d'un principe?









