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Utopies architecturales

Dans les années 60 en France, en Angleterre, au Japon mais aussi en Italie ou aux États Unis des mouvements ou plutôt des groupes composés essentiellement d'architectes apparaissent avec les mêmes préoccupations : créer des utopies architecturales. Ces mouvements sont très différents et viennent d'Angleterre (Archigram), du Japon (Métabolism), de France (Yona Friedman) et d'une manière différente d'Italie (Archizoom, Alchimia, Memphis). Les propositions de villes imaginaires qu'ils projettent questionnent notre rapport à la ville moderne et à son futur développement démographique, technologique, urbain et écologique.


« Instant city » d'Archigram


« Air Craft Carrier City in Landscape » de Hans Hollein

Dans son projet Air Craft Carrier City in Landscape Hans Hollein imagine une ville porte-avion plantée au milieu de la campagne, Yona Friedmann invente les villes spatiales en forme de grille, No-Stop-City d'Archizoom, ville sans qualité et sans architecture s’étend à l'infini. En se penchant sur ses travaux il est difficile de ne pas penser aux travaux de l'artiste russe Tatline et son architecture en rotation.


Geodesic Dome over Manhattan, 1962 Burkminster Fuller 

Durant tout le XXème siècle on a vu des artistes poser la question de notre rapport à la ville : Yves Klein et ses architectures de l'air ou ses villes climatisées, Dan Graham, Absalon, Pierre Huyghe,... 


Dan Graham « Home of América » 1965


« Cellules » d'Absalon 


« Les grands ensemble » video – Pierre Huyghe

Mais le devenir de la ville est aussi un des thèmes de prédilection du cinéma d'anticipation. Dans le Blade Runner, adaptation du roman de l'écrivain P.K Dick , Los Angeles est transformée en une mégalopole marquée par la pollution atmosphérique et sonore, l'agressivité d'une publicité omniprésente, une ville à l'ambiance technologique et décadente. Metropolis de Fritz Lang présente une mégalopole divisée en deux : la ville haute, où vivent les familles dirigeantes, dans l'oisiveté, le luxe et le divertissement, et la ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville.

« Blade Runner » de Ridlet Scott 1982


« Metropolis » de Fritz Lang 1927

La frontière entre architecture et fiction est infra mince comme nous le montre Rem Koolhaas dans son livre New York délire où l'on comprend que la construction de Manhattan a été fortement influencée par le développement sur Coney Island des Luna Park. Dans ces lieux de divertissement, découvertes technologiques et architectures se rencontrent pour impressionner le visiteur. L'impact des technologies contemporaines sur notre ville d'aujourd'hui génère de nouveaux enjeux, de nouveaux fantasmes. A l'instar des groupes comme Archigram, Archizoom, Métabolism vous ferez des propositions plastiques de villes imaginaires qui s'appuieront sur ces enjeux afin de questionner notre rapport à la ville et à son futur développement démographique, technologique, urbain et écologique.

Couverture de l'ouvrage


« New-york délire » de Rem Koolhaas