ENSCI - Les Ateliers

Vibrations

Par Alexandre POISSON -

Du flou par la vitesse et le mouvement.

Des lignes et des objets en rotation s’emballent, prennent des formes éphémères aux lignes changeantes. Des matières et des couleurs tournent et se mixent entres elles. Une éponge de ménage en rotation se métamorphose, crée un volume abstrait, une danse gracieuse. Sa surface double génère une illusion d’optique au même titre qu’un enjoliveur de voiture. Puis le moteur s’arrête, et la forme floue s’éteint.

Suite à ces expérimentations je pose la question de la couleur. Des morceaux de laines feutrées et de l’encre plastique passés à la presse produisent des échantillons graphiques aux frontières aléatoires. La fusion des matières fabrique des zones incertaines et composites.

Je projette les échantillons obtenus sur une membrane de haut parleur. La vibration des graves fait osciller les fils de mohair, qui produisent du flou par vibration, des nids de couleurs prennent forme au rythme des fréquences jouées.

A partir de ces recherches autour de la vibration du son liée à la couleur, je m’intéresse aux objets hi-fi, carénés pour la plupart de coques rigides et lisses, plastiques ou métalliques, blanches, noires, grises.

Une radio, objet du quotidien aux propriétés acoustiques simples . Elle présente un prétexte pour expérimenter une approche différente de la surface et du toucher, travaillée à partir des matières obtenues.

L’omniprésence de la matière souple, la laine feutrée, absorbe la forme, prédominance du toucher au bénéfice du flou. Animal abstrait ou rocher sonore, elle vient déplacer le vocabulaire formel et visuel des objets techniques produits en série, vers une recherche d’unicité industrielle. Ce nouveau toucher bouscule son usage et induit un rapport plus intime avec l’objet.