ENSCI - Les Ateliers

Hybrides

Par Adrien GOUBET -

Mon constat de départ est simple: l’oreillette est un objet minuscule qui peine à exister. Elle se cache, devient une sorte de parasite greffé à l’oreille, ce qui lui donne un statut incertain. On a d’ailleurs souvent l’impression que les passants parlent seuls lorsqu’ils utilisent leur kit mains-libres puisqu’on on ne le distingue pas. De ce fait, mon projet tente de rendre visible et identifiable cet élément de conversation. J’ai souhaité matérialiser cet objet technologique par des moyens basiques, en travaillant notamment sur la qualité du fil, par les matériaux et le format. Je propose donc une collection composée de trois oreillettes qui explorent des typologies différentes. Deux oreillettes bluetooth et un écouteur filaire relié au mobile. «Hybrides» car toutes trois utilisent des codes liés à divers éléments existants, entre oreillette, écouteurs et téléphone. Ces oreillettes laissent les mains libres, mais on peut aussi les manipuler et les prendre en main, comme on prend en main son téléphone. Elles revendiquent une présence, quelque chose qui relève d’un côté affectif lié au toucher. Souples et articulées, elles se font facilement une place dans la poche ou dans le sac. Les pièces techniques rigides (écouteur, micro) gainées de textile créent un lien visible entre l’écoute, la parole et l’utilisateur. Le textile, décliné en gammes colorées, l’associe au vêtement, et s’intègre à notre silhouette.Dans le but d’être visible et évident, ces objets affirment leur présence par une dimension inhabituelle. Sans refuser la miniaturisation, ils l’utilisent au service d’un objet dont le vocabulaire formel n’est pas lié à la technologie. On peut donc les qualifier de «low tech». Toutes trois sont dotées des fonctions de bases d’un appel classique : décrocher, monter ou baisser le son, raccrocher.

 


Dingjian - Orange - Adrien Goubet par ENSCI