ENSCI - Les Ateliers

Cuisine pour les mal voyants

Du 09/10/2012 au 31/01/2013

En association avec l'atelier Formes et matières de F. Azambourg

Le projet est né d'un partenariat entre l'Institut de la Vision (IdV), premier centre français de recherche intégrée pour lutter contre la cécité et l'ENSCI–Les Ateliers. Il est rattaché à l'hôpital des Quinze-Vingts et comprend un ensemble d'experts et d'infrastructures spécifiques aux maladies de la vision (Homelab).
La malvoyance touche 1,7 million de personnes en France et concernent 25% des personnes de plus de 70 ans.
L'objectif de ce projet était de réfléchir autour de la notion de stockage, de préparation et de consommation du repas pour des personnes malvoyantes afin de répondre à leurs besoins, améliorer leur autonomie et leur bien-être.
Il n'existe pas, actuellement, de cuisine adaptée aux personnes malvoyantes sur le marché. Or, cuisiner, inviter, manger, sont des activités centrales et conviviales dans nos vies. Comment cuisiner lorsqu'on n'a pas tout l'usage de nos yeux? Comment ranger les aliments pour les retrouver par la suite ? Comment mieux identifier et repérer telles ou telles denrées ?
Ce projet s'inscrit dans une démarche de design inclusif ou de « design for all » pour que chacune des innovations trouvées dans ces projets soient un bénéfice pour le plus grand nombre.

Contexte

Aujourd'hui 90% des plus de 60 ans vivent à domicile et 30% d'entre-eux ont des déficiences visuelles handicapantes. Avec l'allongement de la durée de la vie, on prévoit près de 4 millions de personnes malvoyantes d'ici 2030. Parmi les pièces de la maison, la cuisine est encore un lieu mal adapté ne prenant pas en compte ce type de déficience.

Sujet

Il s'agissait de travailler autour des gestes et des actions spécifiques à la cuisine, pour en dégager des agencements, des solutions mobilières, des accessoires... ce lieu mêlant préparation, cuisson et stockage dans un volume relativement réduit. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur les déficiences visuelles de manière à trouver des alternatives permettant de guider et de sécuriser les personnes.
Les malvoyants n'étant pas obligatoirement aveugles, il a fallu travailler en fonction du manque de sensibilité visuelle en y associant, par exemple, d'autres types de stimulations (sonores, tactiles...). Les dispositifs proposés pouvant également mêler des technologies et des interfaces numériques (internet des objets) pour en améliorer l'usage.

Démarche

Cette même étude a été réalisée parallèlement au sein de l'Atelier « Formes et matières », ce qui a permis de partager les ressources, les informations, les enseignements, et aussi le moment de croiser d'autres points de vues et d'autres démarches. Ceci afin de créer une émulation et une importante force de proposition.
A certains moments nous avons pratiqué une immersion de façon collective, à d'autres, nous avons interverti nos équipes.

Objectifs

Dans ce projet, les élèves devaient réaliser un ou plusieurs «proof of concept» capable(s) d'être testé(s) et évalué(s) au sein du Homelab. Tout au long de l'étude, ils ont travaillé avec des spécialistes de la vision et des personnes malvoyantes, accompagnées par une thérapeute de l'Institut. Les utilisateurs malvoyants ont testé et évalué leurs propositions afin qu'ils puissent les améliorer, les adapter et apporter les réponses les mieux adaptées à ce handicap. Leurs propositions devaient donc être réalistes.