ENSCI - Les Ateliers

8 O'clock

Par François MORRIER -

Face à la proposition du partenaire de réfléchir autour de la médicalisation à domicile, j’ai décidé de travailler autour du mobilier. Je me suis intéressé aux fauteuil releveurs actuels afin d’établir un panel de ce qui pouvait se faire dans ce domaine.

Ces fauteuils sont actuellement très imposants, et ils sont souvent associés au handicap avec une connotation « hôpital », même si un effort est tout de même fait sur l’esthétique afin qu’ils puissent s’intégrer dans un univers domestique. Ces fauteuils ayant une fonction d’aide au relevage, ils possèdent pour la plupart le même système de châssis qui devient alors apparent lorsque le fauteuil est en position relevée. La vue de ce châssis participe alors activement à donner une connotation médicalisée à ces fauteuils. De plus, introduire un mobilier de ce type dans un univers domestique est souvent difficile à accepter et est ensuite associé à la personne « handicapée exclusivement, en tant qu’objet dédié à ces personnes nécessitant une aide au relevage.

J’ai donc décidé de travailler autour de ce type de mobilier d’aide au relevage, mais en proposant quelque chose qui sorte de l’univers plastique actuel des fauteuils releveurs et qui n’est pas être connoté objet médicalisé, ni dédié à l’usage unique de la personne handicapée. J’ai donc choisi de travailler sur un canapé, qui comporterait une partie avec un système d’aide au relevage et une autre partie comme un canapé standard. En reprenant un système de châssis traditionnel, le problème était ensuite de « cacher » ce côté mécanique, surtout lorsque la partie médicalisée allait passer en position relevée.

Il fallait aussi combiner une hauteur de fauteuil (105 cm) avec une hauteur de canapé traditionnel afin de ne pas avoir un objet trop lourd. J’ai donc dessiné un canapé avec une partie contenant le système d’aide au relevage et une partie « normale », l’ensemble du canapé étant unit dans une coque qui viendrait ainsi souder ces deux parties afin de gagner sur l’unicité de l’ensemble. Le moteur étant situé dans la coque sous la partie fauteuil, la position relevée ne le laissait pas apparaître, la coque cachant totalement le système. Puis j’ai choisi de créer différentes hauteurs de coussins et différentes largeurs afin de couper de façon brutale la hauteur élevée de la partie « fauteuil releveur ». Par les différentes formes l’idée est de créer ainsi une confusion dans les différents espaces du canapé et de ne pas ainsi clairement distinguer une partie fauteuil médicalisé et une partie canapé standard. De plus le jeu de coussins peut être modifié en les bougeant et l’association de différentes couleurs aide à créer cette confusion et ce mélange esthétique. L’accoudoir central est similaire aux coussins et non aux accoudoirs latéraux afin de ne pas créer de rupture et n’avoir que les deux accoudoirs externes similaires afin de garder l’unité d’ensemble du canapé.